15 mai 2016

Début de l'emballage


Bon, question de m’encourager, j'ai commencé à emballer des modules cette semaine. Ça fait également un peu de place sur le plancher de l'atelier. Certains sacs et boîtes feront partie de l'installation, d'autres sont simplement pour le transport. 

L'emballage est une partie importante de la préparation de mes installations. Depuis quelques années, je l'envisage de plus en plus comme un stade nécessaire à la compréhension et à la mise en espace. Je n'arrive pas encore à m'expliquer cette fascination pour les sacs, les boîtes, le tape et autres matériels d'emballage industriel. Je suis toujours tiraillée entre une mise en espace « organique », ce que j'ai privilégié pour mes dernières installations, ou une mise en espace basée davantage sur l'accumulation et l'inventaire de forme. La machine paysage sera probablement entre les deux. Je me laisse beaucoup de place à l'exploration ici, tant au niveau de la variation des formes et des couleurs que dans la disposition des éléments.








Production intensive



La production de La machine paysage continue. La version de cette installation évolutive qui sera présentée à la Maison de la culture Mont-Royal en juin sera très embryonnaire. Plus j'avance ce projet, plus de je vois de possibilités de développement dans l'avenir. C'est à la fois très motivant et très angoissant!






Les dernières semaines à l'atelier


Peu de temps pour bloguer ces dernières semaines... Depuis la fin de ma session d'enseignement (les évaluations sont finies!), je passe beaucoup de temps dans l'atelier/maison. 

Actuellement, je travaille principalement sur deux évènements qui auront lieu dans le cadre du 50e anniversaire de l'Atelier Graff. Je dois d'abord terminer (est-ce vraiment possible) mon installation La machine paysage pour l'exposition collective Espace imprimé, espace ouvert qui sera présentée à la Maison de la culture Mont-Royal à la mi-juin. J'organise également, à titre de co-commissaire, l'exposition Atelier Graff : le livre d'artiste repensé qui sera présenté à la BAnQ en novembre. Nous en sommes à la finalisation de la scénographie et à la rédaction des textes. Ça promet!


Je suis toujours en rédaction de thèse (eh oui, encore). Je débute le chapitre sur l'espace de l'installation imprimée, mais pour ce faire, je dois faire quelques lectures dont le livre L'approche écologique de la perception visuelle de Gibson et Action in perception de Noë. Donc, beaucoup de boulot en perspective pour les semaines à venir...

Et puis, c'est le printemps alors j'en profite pour finir quelques rénovations, jardiner et faire du réaménagement. Il faut dire que certaines zones de l'atelier (et de la maison) en ont bien besoin après cette année de travail frénétique.


Et depuis peu, j'ai un compte Instagram sur lequel je publie des images régulièrement. J'approche la plateforme comme un journal visuel de mes observations/inspirations du moment. Si ça vous intéresse, c'est par ici.

21 mars 2016

Sur les traces de la machine-paysage


« Comment imaginer les commencements? Les origines? Les éléments sont épars, non encore adjoints. Dans le vide univers, ils errent dépareillés. L'assemblage est la première opération à faire. C'est elle qui est à l'origine des origines. »

« La première action du temps, sa première apparition comme élément moteur dans une machine, c'est la répétition. Une fois encore ce rouage, une fois encore ce mouvement, le même, mais décalé dans le temps ; succession quasi mécanique (...) Les machines théoriques ne diffèrent pas en cela de celles des usines. Les notes, reports et reprises sont légion. Les arguments se répètent, même si les conclusions diffèrent légèrement. La répétition assure la bonne compréhension. Elle cloue le propos, le fixe dans l'esprit du lecteur. Fait tenir ensemble. »

« Le rythme s'impose, tel un refrain dont on n'arrive pas à se débarrasser, et plus il est simple, plus il est lancinant. C'est en cela qu'il peut être dit répressif, figé, contraignant. Mais c'est bien cela que « veut » la machine : s'inscrire profondément, s'incruster dans la pensée, y laisser un sillon qu'on ne peut oublier. »

« Un premier pas a conduit à considérer « la machine à rassembler » les morceaux de monde - perceptions désordonnées, humanité ballotée de-ci de-là, incertaine de soi et de son avenir - soucieuse de se raccrocher à des préceptes : aphorismes et paroles de sagesse. Bientôt organisés, liés, raisonnés, ces « fragments » sont digérés ou bien laissés pour compte. Le dessin parait évident : une machine intellectuelle veut l'unité, la cohérence, le lien visible. Les enchaînements. »

« Machine extensionniste, machine mange-tout, le paysage tient son pouvoir de sa multiplicité même; machine à double-face (au moins), elle est aussi bien une machine à regarder et formater la nature - le paysage cadre et lui donne une forme - qu'une machine à se projeter sur le monde - l'acteur (paysagiste, artiste, commanditaire ou aménageur) intervient selon son intérêt, et exprime son point de vue. Ainsi, le paysage satisfait aux deux conditions d'existences d'une machine concrète : elle fonctionne à l'intérieur comme pensée et fiction en intension, et à l'extérieur comme réalité en extension. »

« Le paysage répare la ville, son agitation, le mouvement perpétuel qu'elle impose. Havre de paix, repos, santé physique et morale, sont les bienfaits qu'il apporte dans la cité. Les enfants jouent, les vieux somnolent dans les squares plantés, jardins paysagers (à peine) pris dans le quadrillage des rues. La morale est courte : l'herbe est rase et fanée, « interdite », elle pénalise la balle qui y atterrit, le chien et ses crottes, les pas des promeneurs étourdis. »

« Pour autant, jardin-nature et nature-paysage forment toujours un couple légitime et se positionnent en des points déterminés de la ville. Leurs positions comme leurs fonctions sont stables. Plus « naturels », les jardins paysagers restent cependant prisonniers d'une machine esthétique et morale à fabriquer du bonheur. »

« La santé (et la sécurité) est devenue le souci majeur de l'époque actuelle, souci plus utopique que l'utopie de l'art même, et ce qui était, il y a peu encore, perçu et senti comme un plaisir des sens - « le beau paysage! » - est maintenant conçu comme un devoir: nous devons secourir la planète, pour son bien, et surtout pour le nôtre. À ce titre, peu s'en faut que le plaisir que donne un paysage ne soit considéré comme une distraction, il nous éloignerait de la préoccupation majeure : le souci de la bio diversité et du développement durable. Colonisant territoire après territoire, la machine-paysage a essaimé au point de produire sa propre disparition, ou plutôt sa dissolution dans de plus vastes ensembles, où elle fait figure d'ancêtre mélancolique aux teintes effacées. »

Anne Cauquelin
La machine dans la tête, 2015

19 mars 2016

7 mars 2016

Hans Haacke : Élabore quelque chose de Naturel

Fais quelque chose de réceptif (which experiences), de réactif à l'environnement, de changeant, d'instable.
Fais quelque chose d'indéterminé, d'apparence toujours autre, dont la forme ne peut pas être prédite avec exactitude. Fais quelque chose qui ne peut pas « performer » (perform) sans l'assistance de l'environnement.
Fais quelque chose de réactif à la lumière et aux changements de température, sujet aux courants d'air, et dépendant, dans son fonctionnement même, des forces de la gravité.
Fais quelque chose que le « spectateur » peut manier, avec lequel il joue et qu'il anime.
Fais quelque chose qui vit dans le temps et qui permet au « spectateur » de faire l'expérience du temps.
Élabore quelque chose de Naturel.

Hans Haacke
Esthétique des systèmes
Originellement publié en anglais dans NUL 1965


Hans Haacke, MIT List Visual Arts Center

7 février 2016

Suite du montage à la maison Heinrich Heine


Avec un peu de délai (vous allez comprendre pourquoi), voici la suite du récit de montage à la Maison Heinrich Heine.


La journée de vendredi avait bien commencé. Deux amis du Québec sont venus me donner un coup de main pour finir le montage. On a bien rigolé. Malgré la fatigue et le manque de sommeil, tout allait pour le mieux.


Nelson Ross m'a aidé a assembler de nouvelles structures pour ajouter à l'installation.


Et Karine Madran, une ancienne étudiante, est venu éclairer ma journée avec son sourire et m'aidé à tout ranger après le montage. (La photo est de Nelson)


À la fin de la journée, ça avait l'air de ça.


Les étudiants de la maison étaient très heureux de l'installation. Tout le monde était très enthousiaste! Je suis donc partie au vernissage de l'exposition à Montrouge le coeur léger.


Pendant le vernissage, j'ai cependant été informé que l'oeuvre était tombée... Un des câbles principaux s'est détaché et l'oeuvre s'est effondrée dans le hall. Je suis donc retourné à la cité universitaire pour constater les dégâts.


J'étais dans un état lamentable, mais la directrice de la maison, les employés et les étudiants qui passaient ont été très gentils avec moi. On nous a apporté à boire et à manger en attendant de l'aide. On a travaillé jusqu'à minuit pour retendre les câbles (Merci à Mimmo Totaro, Lara Treppiede et Stefano Calderara).


Le lendemain, nous sommes retournés pour finaliser la remise en état de l'installation. L'oeuvre est un peu plus basse que prévue, mais ça fonctionne bien. Après toutes ces émotions, je suis partie me promener dans Paris question de relaxer un peu. Bien heureuse que tout soit rentré dans l'ordre!

4 février 2016

Première journée de montage à la Maison Heinrich Heine


C'est là que ça débuté, dans le hall de La Maison Heinrich Heine (fondation de l'allemagne, cité universitaire de Paris). Le défi : faire tenir une oeuvre suspendue sans faire de trous au plafond (et nul part ailleurs). Les tentatives d'hier furent un échec. Aujourd'hui, on a recommencé très tôt.


Ça, c'est le plan du système d'accrochage. Il ne restait plus qu'à attendre l'ouverture de Monsieur Bricolage pour acheter tout ce qu'il fallait!


Ça bouge. Ça parle. Tout le monde est tendu car le temps file. Il faut que ça marche!


En attendant, on prépare des modules. Lorsqu'on pourra accrocher, on va être prêt! Finalement, nous avons travaillé tout l'avant-midi pour installer le dispositif d'accrochage.


L'accrochage à débuté à 13 h. J'ai fait le travail seule avec les deux échelles.


Coin jardin modulaire, parce que c'est jolie avec le soleil, tout simplement.


Au milieu de l'après-midi,  ce n'était pas très encourageant. Cependant tous les gens qui passent semblent très curieux et souriants. De belles discussions avec les étudiants sur mon travail et leurs recherches en cours.


À la fin de la journée, ça commence à prendre forme, mais je sais tout le boulot qu'il reste à faire. Je reviendrai demain.