17 septembre 2014

Préparation pour le Mexique


Je participe à une magnifique exposition collective au Musée d'estampe de Mexico au mois de décembre. L'oeuvre doit partir en octobre alors je dois tout préparer pour que le transport et le montage se déroulent bien. Le montage débutera sans moi alors je dois expliciter les étapes du montage avec des plans et des instructions écrites qui devront être traduites. Ce n'est pas facile car je suis habituée d'improviser sur place. Ce travail me fait prendre conscience de tout ce que je fais de manière intuitive et simple devient plutôt complexe à expliquer avec des mots et des plans.


Pour éviter certains problèmes, j'ai d'abord combiné deux valeurs de modules différents. Lors de mon dernier montage, je les utilisais de manière aléatoire en alternance, mais cette étape pourra facilement être oubliée en cours de route par les techniciens.


J'ai donc retiré des milliers de petits collants avec des numéros au dos des modules. Je crois que j'en retrouverai un peu partout dans les prochains jours...


J'ai également refait les emballages qui étaient fatigués du dernier voyage.


Maintenant, j'élabore des esquisses et des plans en fonction des dimensions de la salle. Il y a beaucoup d'ouvertures et de coins, alors ça complique un peu les choses. Je devrai probablement régler plusieurs problèmes directement sur place à mon arrivée.





Au final, cette préparation prendra probablement autant de temps que le montage lui-même!

10 septembre 2014

Nouvel environnement de travail


Depuis quelques jours, j'ai délaissé mes activités habituelles pour me consacrer à l'aménagement de mon nouvel environnement de travail. À deux pas de chez moi, j'ai maintenant toute une maison à habiter pour la création. Il reste beaucoup de boulot à faire, mais c'est déjà fonctionnel pour certaines activités.

Pour le moment, l'atelier principal est bien encombré. Il reste plusieurs espaces à aménager dont mon atelier de coupe, l'atelier d'impression et un espace d'entreposage au sous-sol (grosses rénos) ainsi que l'atelier multi à l'étage. Éventuellement, l'atelier principal sera consacré à la mise en espace de mes installations. Ça sera zen!

Vue sur l'escalier et l'entrée de la maison.


J'ai également une grosse expo en octobre alors j'ai bien des trucs en processus...


Un tas de papier.


Dans cet atelier, j'ai un beau poêle qui me sert d'étagères pour le moment.

Vue sur la cuisine orange qui a bien besoin d'un peu de peinture.

Un bel espace pour mes prototypes.


Nouvel espace bureau, parfait pour rédiger une thèse.



Espace de résidence modulable pour accueillir des créateurs, des étudiants et des amis (version séjour).


Espace de résidence modulable version dodo.


Espace de résidence modulable avec lit et bureau (en progression).




Nouveau séchoir à sérigraphie partiellement remonté dans le sous-sol pas prêt du tout.


Belle vue sur le pin.

Je reviens à la production très bientôt avec de nouvelles images!

12 août 2014

La fabrication de l'espace : production et recherche


La production avance de façon régulière et continue depuis quelques jours. Je commence à mieux cerner les potentialités de cette installation. Habituellement, je travaille avec des modules et des systèmes homogènes (une forme multipliée dans l'espace). La difficulté de ce projet est de faire cohabiter des modules et éléments différents dans un même espace. Pour ce faire, je dois produire une immense quantité d'éléments et expérimenter comment ils dialoguent entre eux. Certaines combinaisons fonctionnent, d'autres moins, mais il faut produire les éléments pour pouvoir explorer les possibilités. J'ai bien hâte de voir tout ça avec un peu plus de recul dans le nouvel atelier!

Sur la table, des milliers de feuilles à couper et à plier. Au sol différents modules dans des boîtes.

Des milliers de cercles dans des sacs et des roches de papier noir gigantesques!

Expérimentation de combinaisons de cercles.

Roches de papiers, planches et blocs de textures imprimés.

Planches de textures imprimées et volumes à découper.


9 août 2014

La fabrication de l'espace : production et recherche


J'ai réalisé quelques expérimentations de mises en espace aujourd'hui. Malgré le manque d'espace, j'arrive à cerner les relations possibles entre les éléments. Il faut cependant beaucoup d'imagination car la plupart des modules seront suspendus et en très grand nombre!

  Roches de papier et cercles

Roches de papier et cercles

Superposition de cercles

Volumes et cylindres au sol

Carton et cylindres au sol

Mon assistante démontrant sa grande force!

La fabrication de l'espace : production et recherche


La production avance bien. Je profite de ces derniers moments dans mon petit atelier de sous-sol. Au mois de septembre, j'aménagerai mon nouvel espace de création à deux pas de la maison. Il sera beaucoup plus grand (sur trois étages) avec un bureau, un atelier de fabrication/installation, un atelier de sérigraphie/coupe, un atelier de photo/projection ainsi qu'une petite résidence pour accueillir des créateurs. Mes pensées sont donc partagées entre la réalisation de cette nouvelle installation, ma thèse et ce gros projet d'aménagement (et plusieurs autres projets!!!). Le tout se fera donc en douceur, un jour à la fois.

Fabrication de roches de papier

Fabrication de roches de papier

Accumulation de modules

Accumulation de matières premières

3 août 2014

La fabrication de l'espace : production et recherche


Je suis actuellement en production pour ma prochaine exposition La fabrication de l'espace qui aura lieu à la Galerie Circulaire du 24 octobre au 21 novembre.  Le projet est encore flou, mais l'intention est assez précise : créer une installation évolutive qui se développe par l'accumulation et la transformation de matière ainsi que par l'hybridation de formes organiques et géométriques à travers un processus visible et partageable. Cet essai visuel se développe dans le contexte de ma recherche-création au doctorat en études et pratiques des arts sur l'installation imprimée. La production a débuté depuis quelques mois, mais le rythme s'accélère au fil des semaines. Il reste encore pas mal de boulot à faire (pliages, assemblages, tests de mises en espace, plans). Au niveau de la recherche théorique, ça avance bien. Plusieurs livres se sont ajoutés à mes lectures de l'été : Installations de Itzhak Goldberg, Le collectif Oeuvres et lieu, le catalogue Qu'est-ce que la sculpture moderne du Centre Georges Pompidou, L'atelier sans mur de Jean-Marc Poinsot, La production de l'espace d'Henri Lefebvre et L'espace Vivant de Jean Cousin.

Tiges de papier suspendues (lignes droites ou cerceaux)

Volumes géométriques et organiques

Impressions de trames sur supports divers (terraskin et geofilm)

Modules en cours de production

Modules en cours de production

Quelques volumes géométriques

23 juillet 2014

Collection de citations : l'espace de l'installation

L’œuvre n’est pas seulement in situ mais hors d’elle-même, cessant pratiquement d’exister comme entité autonome et devenant inséparable de son cadre.
Itzhak Golberg, Installations, 2014, p.16

Avec l’installation, la scénographie, le choix du site – parfois à l’écart du circuit artistique -, les rapports internes entre les éléments, l’arrangement des pièces ou des objets, la position du spectateur comme corps percevant – présent à l’œuvre et mis en situation avec elle -, sont des composants actifs et indispensables de cette manifestation, conçue comme un tout, souvent inséparable de son lieu. Cet espace spécifique n’est plus un vide neutre et discret mais un nouveau contexte d’intervention, défini par une construction architecturale investie et parfois restructurée par l’œuvre. Réalité physique, l’espace va être intégré à l’œuvre et directement façonné par l’artiste, qui le redessine ou qui opère sur lui des transformations déterminantes.
Itzhak Golberg, Installations, 2014, p.31

Avec l’installation, œuvre souvent fragmentée, cette interaction avec le lieu est volontaire et recherchée, car elle prend en compte non seulement les composantes, mais aussi les distances, les écarts qui les séparent, les intervalles qui se transforment en interstices sensitifs, bref l’ensemble des rapports spatiaux. Elle privilégie la relation : relation entre l’acte artistique et l’espace de représentation, entre l’artiste et les acteurs de l’exposition, entre les arts visuels et les arts de la scène, entre l’exposition et sa réception, entre l’art et la vie. L’installation n’est pas un objet autonome mais un ensemble de rapports complexes entre l’objet d’art, l’artiste et le public. Utilisant en entier l’espace alloué, elle l’interroge, le déborde ou le transgresse.
Itzhak Golberg, Installations, 2014, p.33

L’installation est le cadre d’une représentation où le projet laisse la part à l’imprévisible.
Itzhak Golberg, Installations, 2014, p.55

Avec l’installation, l’espace est étudié non pour le délimiter mais pour le déborder. L’importance des modifications que doit subir l’espace fait parfois que la qualité esthétique spécifique des composants qui l’occupent devient secondaire, car ils sont là avant tout comme «outil visuel» (Buren) dont la fonction subtile est de révéler, par leur emplacement, les caractéristiques du lieu qu’ils investissent. Les structures de l’architecture occupée sont réactivées, pour ainsi dire remodelées. Les éléments prennent ainsi une fonction signalétique, déterminée par l’artiste.
Itzhak Golberg, Installations, 2014, p.76-77

Cependant, transformation réelle ou symbolique, dans un cas comme dans l’autre, le travail artistique tente d’investir l’espace d’un nouveau sens, le plus souvent en décalage avec celui qu’on lui connait. (…) L’espace fabriqué ici est un espace mental, chargé d’associations universelles, suggérant une dimension poétique à partir de laquelle le visiteur sera libre de construire sa propre fiction.
Itzhak Golberg, Installations, 2014, p.81

L’installation est une structure aux foyers visuels pluriels, continus ou discontinus, contradictoires et complémentaires, introduisant un espace élargi que l’œil est invité à balayer sans qu’on lui impose une hiérarchie déterminée. Cet espace fragmenté, parfois de nature tentaculaire, plus qu’un lieu de perception, est un trajet que le spectateur est censé expérimenter et dans lequel son corps peut occuper progressivement des positions diverses. Ce n’est qu’au terme d’une telle lecture que peut se dégager une synthèse de cette série d’impressions relativement autonomes, et une appréhension globale de l’œuvre. Appréhension qui procède par associations thématiques et par liens aléatoires, plutôt que selon des classifications traditionnelles du savoir, de la chronologie et de la hiérarchie. Ce qu’on retient et qu’on reconstruit imaginairement, c’est l’expérience où la trajectoire prime sur la forme.
Itzhak Golberg, Installations, 2014, p.120

Collection de citations : l'espace de l'oeuvre d'art

L'action de la main définit le creux de l'espace et le plein des choses qui l'occupent. Surface, volume, densité, pesanteur ne sont pas des phénomènes optiques. C'est entre les doigts, c'est au creux des paumes que l'homme les connut d'abord. L'espace, il le mesure, non du regard, mais de sa main et de son pas. 
H. Focillon, Vie des formes, 1943, p. 108

L'espace est le lieu de l'oeuvre d'art, mais il ne suffit pas de dire qu'elle y prend place, elle le traite selon ses besoins, elle le définit, et même elle le crée tel qu'il lui est nécessaire. L'espace où se meut la vie est une donnée à laquelle elle se soumet, l'espace de l'art est une matière plastique et changeante. 
H. Focillon, Vie des formes, 1943, p. 26

Le flux d'énergie entre les différents concepts de l'espace que véhiculent l'oeuvre d'art et l'espace que nous, spectateur, nous occupons, est l'une des fondamentales, mais l'une des moins comprises, du modernisme. L'espace moderniste redéfinit le statut de l'observateur, replâtre l'image qu'il a de lui-même. Il se pourrait que ce soit la conception moderniste de l'espace, et non son contenu, que le public perçoive – à juste tite – comme une menace.
B. O'Doherty, White Cube (...), 2010, p.64

Que dit l'art du monde où nous vivons, et en dit-il quelque chose? Ou bien cherche-t-il d'autres espaces, pluriels, composites? À moins qu'il ne s'offre lui-même comme alternative habitable. S'agirait-il de faire la description de ces mondes autres? De dessiner les contours d'autres formes d'évidences? Si nous sommes avec l'art dans l'espace de la fiction, cet espace recouvre-t-il l'étendue du monde sensible, comme sa traduction décalée, ou découvre-t-il ce qui n'est pas, mais pourrait être? En ce cas, quelle correspondance existe-t-il entre le caché, le voilé, le possible d'une part et l'évident, le réel, le visible d'autre part?
A. Cauquelin, À l'angle des mondes possibles, 2010, p.14

(In situ) Il semble que l'artiste s'attache à modifier un espace donné et ses valeurs de perception et d'échelle au simple niveau des sensations physiques et visuelles. Mais très vite, un seuil, immatériel, est franchi par ces structures praticables mais aussi déraisonnables et poétiques, dont l'incongruité incite à la circulation et, concurremment, pousse notre esprit vers un imaginaire, spatiale et instable à la fois.
N. Descendre, Trous Noirs et entropie dans Fabricateurs d'espaces, 2010, p.28

Tout outil ou dispositif de mesure spatiale mettant en question une forme de trouble de la perception crée un cabinet d'expérience cosmique (symétrique à celle des cabinets de curiosités) et agit comme un accélérateur de compréhension de ce qui nous échappe magistralement dans le monde qui est le nôtre, coincé entre le microscopique et le macroscopique.
N. Descendre, Trous Noirs et entropie dans Fabricateurs d'espaces, 2010, p.29

(À propos du travail de Hans Schabus) L'oeuvre correspond le plus souvent à la conquête d'un territoire, qui peut être le lieu d'exposition, l'atelier, la maison ou le monde : il incarne une figure d'envahisseur dont le royaume est partout. Cependant, l'atelier reste pour lui le modèle de l'activité artistique : « l'atelier est le royaume de l'expérience où le royaume de la réalité est transformé en royaume du possible ». 
Anne Bonnin, La conquête du cube blanc dans Fabricateurs d'espaces, 2010, p.37

Collection de citations : l'espace philosophique

Nous sommes dans un extérieur qui porte des mondes intérieurs.
P. Sloterdijk, Bulles (...), 2010, p. 31

L'espace jadis intime, symbolique, parcouru par un unique motif, s'ouvre dans le neutre divers et multiple où la liberté n'est préservée qu'au prix de l'étrangeté, de l'indifférence et de la pluralité.
P. Sloterdijk, Bulles (...), 2010, p. 58

Dans le langage de tous les jours, nous confondons joyeusement espace, lieu, site, endroit, ici, là, terrain, territoire, étendue, longueur, environnement, milieu, nature, paysage, site... Généralement, ces termes servent à désigner des emplacements plus ou moins précis, emboités les uns dans les autres. Leur classement se fait, curieusement, selon une hiérarchie dont la clef est l'ordre de l'espace... espace est plus grand que lieu, et l'emboîte, alors que le lieu emboîte à son tour le site ; ce dernier enveloppe le « ici » qui introduit une notion de temps et s'oppose au « là-bas », nettement plus flou mais appartenant quand même au lieu ou au site ; le plus petit entre dans le plus grand à la manière des poupées russes. Ce classement, s'il est d'un usage aisé et répond à l'utilisation vernaculaire dans sa simplicité expéditive, offre la structure tautologique qui plait si fort au sens commun, car elle est inattaquable ; en effet, les espèces d'espaces obtiennent pour seule définition d'être classés selon leur étendue relative, c'est-à-dire selon l'espace.
A. Cauquelin, Le site et le paysage, 2002, p.74

(Deux moments d'espace)  De quoi s'agit-il? D'une répartition des propriétés spatiales entre deux pôles opposés : l'un appartenant à l'étendue – c'est l'espace géométrique, général qui permet de définir une position – et l'autre référant à un ensemble plus complexe, en temps, milieu et espace — c'est le propre, qui définit une singularité. Ces deux pôles s'opposent dans le discours, par exemple, une succession bien formée de propositions et l'interruption d'images qui viennent trouer cette succession. Concepts contre métaphore. Espace géométrique contre lieu propre.
A. Cauquelin, Le site et le paysage, 2002, p.75

Il y a espace dès qu'on prend en considération des vecteurs de direction, des quantités de vitesse et de variable de temps. L'espace est un croisement de mobiles. Il est en quelque sorte animé par l’ensemble des mouvements qui s'y déploient. Est espace l'effet produit par les opérations qui orientent, le circonstancient, le temporalisent et l'amène à fonctionner en unité polyvalente de programmes conflictuels ou de proximités contractuelles. L'espace serait au lieu ce que devient le mot quand il est parlé, c'est-à-dire quand il est saisi dans l'ambigüité d'une effectuation, muée en un terme relevant de multiples conventions, posé comme l'acte d'un présent (ou d'un temps), et modifié par les transformations dues à L’espace est un croisement de mobile, des voisinages successifs. À la différence du lieu, il n'a donc ni l'univocité ni la stabilité d'un « propre ».
M. de Certeau, L'invention du Quotidien. Art de faire. 1990, p.173

Collection de citations : l'espace géométrique et architectural

Un point géométrique est infiniment petit. L’espace géométrique est donc une infinité de composants infiniment petits. Tout figure dans l’espace, contient une infinité de points : une figure d’un nombre fini de points, dans cet espace, est, par définition, impossible.
Y. Friedman, L’ordre compliqué, 2008, p.26